De Facebook au Storytelling,la vérité travestie?

Je suis tombé par hasard sur cette conférence aujourd’hui. Elle est très intéressante notamment sur le premier point de la quantification de l’identité. Malheureusement, certains sujets sont éludé et d’autre subissent une argumentation un peu aride ce qui les rend assez incompréhensible. Ceci dit, voici quelques points que je trouve très intéressants, ils ne sont pas nouveaux, mais trop peut souvent cité :

Quantification de l’identité.

Mme Fanny George, Docteur en Étude Culturel, fait tout d’abord un constat. Sur facebook, le nombre d’amis, le nombre de commentaire, le nombre d’activités, le nombres d’amis en commun, le nombre d’application téléchargés sont clairement visible. De la elle pose l’hypothèse selon laquelle on quantifierait l’identité d’une personne selon ces données. Cette quantification permettrait alors de faire une sorte de hiérarchie de niveau de sociabilité et de comparer entre nous notre niveau de sociabilité. Par exemple,  Thomas est ami avec Julien et Florence, Julien a 50 amis de plus que Thomas. Thomas le considère donc comme plus sociable que lui. Florence a 10 amis de moins que Thomas, Thomas la considère comme moins sociable. En partant de là, un second comportement peut aussi est décrit à partir des amis commun et celui-ci défini le niveau d’affinité en dehors du niveau de sociabilité. Thomas et Julien ont 10 amis en commun alors que Thomas et Florence ont 20 amis en commun. Thomas se considérera plus proche de Florence. Tout ceci reste une hypothèse car il n’y a pas eu d’étude concrète de ce type de comportement, mais je la trouve, pour voir cela tous les jours, assez juste. Ce comportement n’est juste pas admis ouvertement, mais il a bel et bien lieu.

Je rajouterais quelque chose qui n’est pas explicitement dit.  Pourrait-on imaginer arriver à une sorte de vision marxiste du capitalisme (recherche du profit, accumulation de capital, etc) des liens sociaux ? Facebook s’inscrit déjà dans un mouvement de mondialisation, pourquoi pas un mouvement de « capitalisme social » ? Et se retrouver avec des gens pour qui, avoir et cumuler des « amis » est un but dans une démarche « capitaliste » sans prêter attention à ce qu’apporte normalement une amitié.

Analogie entre StoryTelling et la bible

Le Théologien, Père Antoine Guggenheim, fait une analogie intéressante entre le storytelling et les évangiles. Il lit un passage du deutéronome, qui est un livre de lois et donc un livre dans lequel on ne s’attend pas a du storytelling mais plutôt une longue liste de « Tu dois faire ça ! ».

Lorsque tu sera entré dans le pays que le Seigneur ton dieu te donne.
Tu prendra des prémices de tout les fruits du sol.
Tu ira au lieu choisi par le Seigneur.
Tu viendra vers le prêtre et tu lui dira :
Je déclare aujourd’hui
Mon père était un Armaèen erant
Les 2gyptiens nous maltraitèrent
Nous crimes vers le seigneur
Le Seigneur entendit
Il nous fit sortir d’Égypte
Il nous fit arriver ici
J’apporte les prémices des fruits

Le passage propose au lecteur, non pas de faire ce que dit le texte, mais de faire avec le texte. On nous raconte donc une histoire, à laquelle on adhère ou pas et surtout à laquelle, selon ses convictions l’on peut s’identifier et devenir acteur de cet histoire. On passe donc de la démonstration à la monstration. Le Storytelling n’est donc pas récent. Là où il lie évangile et facebook c’est que facebook (et les systèmes de blog en générale) propose à chacun exactement la même démarche. On a tous une histoire, et cette on peut maintenant la partager a la terre entière facilement. Mais, comme toutes les histoires, vaut-elle la peine d’être transmise ? Est-ce que un certain narcissisme se développe chez l’auteur en disant : « des gens lisent ma vie, ma vie est intéressante, je suis intéressant ». De plus il y a aussi, en dehors de la qualité de l’histoire, la qualité du texte. Les histoire que l’on lisait jusqu’à présent était pour la plupart écrite par des gens dont c’est le métier, qui ont des connaissances et une culture suffisante que pour « bien écrire ». Le fait de lire a longueur de journée de mauvais textes, mais de les considéré comme bon sous prétexte qu’ils retranscrivent une part de la vie de X et qu’il faut respecter son travail, ne va-t-il pas justement faire du tort au « bons textes » ?

Voici les deux points qui m’ont vraiment marqué et que je trouve vraiment intéressant. Le reste l’est mais est plus convenu, ou du moins plus connu car souvent donné dans la plupart des débats et conférences sur le sujet.

Pour le reste, je vous conseille de regarder la vidéo.


De Facebook au Storytelling,la vérité travestie?
envoyé par college-des-bernardins. – Rencontrez plus de personnalités du web.

2 thoughts on “De Facebook au Storytelling,la vérité travestie?

  1. nettoyeur25

    Merci Manu, mais impossible de lire la vidéo sous Ubuntu 10.04 64 bits, il me manque sans doute un codec ou autre.

    Cordialement. NETTOYEUR25.

    Reply

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